
Je pourrais, par exemple, te dire ce que je ressens. Parce que je ressens quelque chose, il me semble. Mais tu ne le sauras sans doute jamais, si l'on compte sur ma fuite potentielle très régulière. Tu serais là, près de moi, et je me pencherais. Tu comprendrais enfin. Que je ne fais pas tout ça pour rien. Que je te considèrerais comme un génie si tu décodais tout. Mais comment veux-tu arriver à me comprendre, la complexité de mes pensées se révèle sans doute intraduisible pour quiconque n'ayant pas vécu dans ma tête, moi même cherchant parfois avec grande difficulté la signification de mes ressentis.
Je pourrais aussi aisément vous faire comprendre le mal-être qu'occasionne ce temps là, en vous instruisant de tous les mots et les émotions qui se mélangent à chaque fois. Ce que vous prenez pour, certainement, un caprice, qui est loin d'en être un. Je vous montrerais tout ce qu'il se passe à l'intérieur de moi quand ses paroles claquent contre ma confiance en moi. Je vous dirais combien j'en ressors vidée, et comme je suis moins courageuse que vous.
Enfin, je pourrais vous dire tout ce que je n'ai jamais osé vous dire parce que je n'avais pas de formulation qui me convenait, tous ses sentiments ravalés et toutes ses émotions occasionnées par vos phrases.
Je me pencherai, comme ça, simplement.

